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Phares du Finistère : lesquels visiter et où les voir

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Phares du Finistère : lesquels visiter et où les voir

Le Finistère aligne 44 phares le long de ses 1 430 km de côtes, du plus haut d’Europe aux tours en mer les plus redoutées des gardiens. Cinq à six d’entre eux se visitent : Île Vierge, Saint-Mathieu, Eckmühl, Créac’h et Kermorvan. Les autres, en mer, se découvrent seulement depuis le rivage ou en bateau.

Le phare de l’Île Vierge à Plouguerneau, un record de granit

Le phare de l’Île Vierge se dresse sur un îlot à 1,4 km de la côte, au large de Plouguerneau, dans le nord du Finistère. Bâti entre 1897 et 1902, il culmine à 82,5 mètres. C’est le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare en pierre de taille au monde : seul le phare de Djeddah, en Arabie saoudite, construit en béton et acier entre 1987 et 1990, le dépasse en hauteur absolue.

L’ascension compte 397 marches : cinq en granit à l’extérieur, 360 en pierre de taille suspendues dans la tour cylindrique, chacune taillée sur mesure, puis 32 en fer jusqu’à la lanterne. Depuis le sommet, le regard porte sur l’archipel de Lilia et les côtes du Léon. Le secteur des Abers qui l’entoure fait partie des étapes détaillées dans le guide pour visiter le Finistère, qui couvre le Nord en 2 à 3 jours.

La visite du grand phare se pratique d’avril à octobre, réservation en ligne conseillée pour éviter l’affluence : l’escale sur l’îlot ne dure que 1h15. Deux façons de traverser jusqu’à l’île : en bateau depuis le port de l’Aber Wrac’h, à Landéda, ou depuis Lilia, à Plouguerneau, une trentaine de minutes de mer ; ou à pied, gratuitement, mais uniquement lors des grandes marées à fort coefficient, quelques dates dans l’année.

Le phare de Saint-Mathieu, une tour dans les ruines d’une abbaye

À Plougonvelin, à la pointe la plus occidentale du département, le phare de Saint-Mathieu occupe l’emplacement d’une ancienne abbaye bénédictine du XIe siècle. Les moines y entretenaient déjà un feu pour guider les navires dès 1250. Le phare actuel, allumé pour la première fois en 1835, mesure 37 mètres et se grimpe en 163 marches.

Phare de Saint-Mathieu dressé parmi les ruines de l’abbaye, pointe du Finistère

L’abbaye qui l’entoure, mêlant roman et gothique, se visite librement toute l’année, sans frais d’entrée. Le site cumule ainsi patrimoine religieux et maritime sur un seul promontoire battu par les vents d’Iroise, face au chenal du Four et à ses courants réputés difficiles.

À deux pas de la tour, un cénotaphe en granit rend hommage aux marins bretons disparus en mer. Le sémaphore voisin, toujours en activité, surveille le trafic maritime dans le rail du Four, l’un des passages les plus fréquentés de la façade atlantique. Cette concentration de bâtiments, sur un même promontoire, illustre le rôle de sentinelle que la pointe Saint-Mathieu occupe depuis des siècles, bien avant l’électrification du phare.

Le phare d’Eckmühl, la sentinelle du pays bigouden

Plus au sud, à Penmarc’h, le phare d’Eckmühl domine la pointe depuis son inauguration en 1897, au terme d’un chantier entamé en 1893. Il mesure 65 mètres et se grimpe par 307 marches, réparties entre le perron, l’escalier en colimaçon et deux rampes d’accès à la lanterne. Sa lumière blanche porte jusqu’à 50 kilomètres en mer, selon l’office de tourisme du pays bigouden. C’est l’un des rares grands phares côtiers français ouverts à la visite, dans un secteur plat où la côte alterne plages, marais lagunaires et cordons de galets.

Le pays bigouden marque aussi l’arrivée du GR34 venu du Cap Sizun, un tracé détaillé dans le guide de la randonnée GR34 dans le Finistère, qui parcourt chaque secteur du sentier des douaniers.

La visite se pratique toute l’année, avec des horaires ajustés à la saison : de 10h30 à 18h30 au printemps et en septembre, jusqu’à 19h30 en juillet-août, plage resserrée l’hiver. Compter 4 euros l’entrée adulte, 3 euros en tarif réduit, dernière montée une demi-heure avant la fermeture.

Ar-Men et Tévennec, les phares les plus redoutés de Bretagne

Deux phares en mer concentrent, à eux seuls, la légende noire du Finistère maritime. Le phare d’Ar-Men, au large de la chaussée de Sein, doit sa construction à un naufrage : celui de la corvette Sané, dans la nuit du 23 au 24 septembre 1859. Le chantier démarre en 1867 sur un rocher à peine émergé. Douze ans plus tard, en 1879, la tour n’atteint encore que 13 mètres : certaines années, les ouvriers ne disposaient que de huit heures de travail possible sur les douze mois, tant la mer rendait l’accès périlleux. Les gardiens l’ont surnommé « l’enfer des enfers ».

Le phare d’Ar-Men isolé, battu par les vagues au large de la chaussée de Sein

Non loin, à l’entrée de la baie des Trépassés, le phare de Tévennec porte une réputation tout aussi sombre. Bâti entre 1869 et 1875, automatisé en 1910, il a logé 19 gardiens et quatre épouses de gardiens en 35 années de service habité, une cohabitation forcée avec l’isolement qui a nourri la légende d’un phare hanté. Le secteur se longe depuis le GR34 entre Sainte-Anne-la-Palud et la pointe du Raz, qui traverse la côte du Cap Sizun juste au-dessus.

Aucun de ces deux phares en mer ne se visite : l’accès reste réservé aux équipes techniques d’entretien. Plusieurs compagnies au départ d’Audierne ou du Guilvinec proposent en revanche des sorties en mer qui longent la chaussée de Sein, assez près pour apercevoir Ar-Men et Tévennec depuis le large. C’est souvent la seule façon de mesurer, à l’échelle, l’isolement de ces deux tours battues par l’Atlantique.

Le phare du Créac’h à Ouessant, le plus puissant d’Europe

Sur l’île d’Ouessant, à l’extrémité de la mer d’Iroise, le phare du Créac’h détient le record de puissance lumineuse d’Europe. Allumé pour la première fois le 19 décembre 1863, il projette aujourd’hui huit faisceaux via deux lanternes superposées, avec une portée de 60 kilomètres environ. L’ancienne centrale électrique attenante abrite désormais le musée des Phares et Balises, qui réunit la plus belle collection de lentilles de Fresnel du continent : maquettes, objets remontés d’épaves et lentilles retracent l’histoire de la signalisation maritime, des tours à feu antiques aux dispositifs modernes.

Rejoindre le Créac’h suppose d’abord de rejoindre Ouessant. La traversée depuis Le Conquet, le port le plus rapide, dure environ 1h15 à 1h30 ; comptez 2h30 au départ de Brest. Les compagnies opèrent toute l’année, avec des rotations renforcées depuis Camaret d’avril à septembre.

Sur le Conquet, non loin des pontons, le phare de Kermorvan complète l’offre : fermé au public pendant des décennies, il se visite depuis 2022, une ouverture rare pour un phare de ce type resté longtemps sous gestion exclusive des services maritimes.

La route touristique des phares du Finistère

Pour relier ces sites sans improviser, Brest terres océanes balise un itinéraire dédié entre Saint-Mathieu, Kermorvan, l’Île Vierge et le Créac’h : la route des Phares. Le tracé combine points de vue accessibles en voiture et arrêts pédestres sur le sentier côtier, avec un panneau d’interprétation à chaque étape. Une carte des phares du Finistère, éditée par les archives départementales, recense l’ensemble des tours en photos et sur plan, un outil utile pour préparer un circuit sur plusieurs jours plutôt qu’une étape isolée.

Sentier côtier du GR34 en Bretagne, falaises et vue sur un phare au loin

D’où observer les phares depuis la baie de Douarnenez

Depuis Sainte-Anne-la-Palud, plusieurs phares se devinent sans prendre le large. À la pointe du Raz, classée Grand Site de France, le regard porte sur le phare de la Vieille, planté face au raz de Sein et à l’île homonyme, avec la baie des Trépassés et ses falaises de 70 mètres en contrebas. Ce panorama figure parmi les points de vue majeurs détaillés dans le guide du Finistère Sud, à quelques kilomètres à peine du phare de Tévennec.

Pour les photographes, la lumière rasante de fin de journée reste la meilleure alliée : elle sculpte le relief des falaises et accentue le contraste entre la tour blanche des phares et le noir des rochers. La marée compte aussi : à marée basse, l’estran découvert autour de certains phares en mer ajoute un premier plan minéral aux clichés pris depuis la pointe du Raz ou le cap de la Chèvre.

Pour organiser une étape autour de ces sites, mieux vaut caler l’hébergement à l’avance : les locations autour de Sainte-Anne-la-Palud et de Douarnenez se remplissent vite en haute saison, avec des tarifs réduits de 30 à 50 % hors juillet-août. Le secteur, à mi-chemin entre Crozon et le Cap Sizun, sert de camp de base pour rayonner vers l’ensemble des phares du Finistère Sud, en voiture ou à pied par le sentier côtier.

Les phares du Finistère à visiter, en un coup d’œil

PhareCommuneHauteurMarchesAnnée
Île ViergePlouguerneau82,5 m3971902
EckmühlPenmarc’h65 m3071897
Saint-MathieuPlougonvelin37 m1631835

Cette liste ne couvre que les phares terrestres ouverts au public. Le Créac’h et Kermorvan, sur Ouessant et au Conquet, s’y ajoutent sans données de hauteur communiquées de façon homogène par leurs gestionnaires. Ar-Men et Tévennec, eux, restent inaccessibles au public : leur intérêt tient à l’histoire de leur construction, pas à une visite sur place.

Prochaine étape : caler un itinéraire par secteur plutôt que de courir après tous les phares en un seul séjour. Le Nord (Île Vierge, Saint-Mathieu) et le Sud (Eckmühl, panorama sur la Vieille depuis la pointe du Raz) se couvrent chacun en une demi-journée à une journée complète, horaires de visite compris.